Nord Atlantique

Nord Atlantique

Nord Atlantique

Le visage agricole et venté de la Martinique, entre bananeraies de Basse-Pointe, distillerie de Sainte-Marie et falaises battues par l'océan. Région lente, peu fréquentée.

Le Nord Atlantique de la Martinique s'étire de Basse-Pointe à Sainte-Marie, sur une cinquantaine de kilomètres de côte exposée plein est. C'est ici que l'alizé souffle le plus fort, que la houle vient cogner les falaises de basalte et que les bananeraies couvrent les pentes jusqu'aux premiers contreforts de la montagne Pelée. La route qui relie ces communes, la N1, passe par Le Lorrain, Marigot, Sainte-Marie, dans un paysage de mornes verts et de champs cultivés. C'est la Martinique agricole, celle qui produit la banane d'exportation et la canne destinée aux distilleries.

Notre équipe envoie ici les voyageurs qui veulent comprendre l'île au-delà de la carte postale balnéaire. Sainte-Marie concentre une bonne part de l'intérêt : la distillerie Saint-James, fondée en 1882, y abrite le Musée du Rhum dans une habitation créole en bois, et propose une lecture claire de la filière agricole AOC qui fait la singularité du rhum martiniquais. À quelques kilomètres, le tombeau des Caraïbes, falaise abrupte sur l'océan, rappelle la résistance des derniers Kalinagos face à la colonisation française au XVIIe siècle. Le site n'est pas aménagé, on y arrive par un sentier discret, et c'est précisément ce qui en fait l'intérêt.

La côte alterne anses de sable noir d'origine volcanique et pointes rocheuses. L'Anse Charpentier au nord de Sainte-Marie, l'Anse Bonneville sur la commune de Trinité, ou encore l'îlet Sainte-Marie, accessible à pied à marée basse de février à avril selon les coefficients, structurent le littoral. Côté terres, les plantations de Basse-Pointe et Macouba grimpent sur les flancs nord-est de la Pelée, dans une humidité plus marquée qu'ailleurs sur l'île. C'est aussi dans ce nord que poussent les meilleurs ananas et que l'on trouve encore quelques champs de canne travaillés à l'ancienne.

Côté culture, la région porte une mémoire forte. Aimé Césaire est né à Basse-Pointe en 1913, et la maison natale du poète peut se visiter sur rendez-vous. L'habitation Ceron, plus à l'ouest sur la commune du Prêcheur, déborde sur le Nord Caraïbe, mais le réseau des habitations sucrières et bananières du nord-est, dont Leyritz à Basse-Pointe, garde la trace d'une économie de plantation devenue patrimoine. Les fêtes patronales de communes comme Marigot ou Le Lorrain rythment l'année locale, avec des bélés joués au tambour et des plats comme le matoutou de crabe, traditionnel à Pâques.

Le surf attire ici une petite communauté, surtout autour de l'Anse Bonneville et de la plage du Lorrain, où la houle d'hiver entre novembre et mars donne des vagues correctes pour tous niveaux. Ce n'est pas Hawaï, mais notre équipe travaille avec deux écoles locales pour les voyageurs qui veulent essayer une session. Plus généralement, le rythme est lent dans cette région : peu de groupes, peu de bus, des tables d'hôtes en habitation plutôt que de gros hôtels. C'est un terrain pour voyageurs qui acceptent de marcher un peu, de manger dans des lolos en bord de route, et de croiser plus d'agriculteurs que de touristes.

Le contraste avec le sud balnéaire est net. Ici, on ne vient pas pour la plage de carte postale (l'eau est souvent agitée, la baignade prudente), mais pour la végétation dense, les points de vue ouverts sur l'océan, et une certaine idée de la Martinique rurale qui résiste. Deux à trois jours suffisent à en saisir le caractère, davantage si l'on veut combiner surf, randonnée et visites d'habitations.

À découvrir

Distillerie Saint-James et Musée du Rhum. Visite de la plus ancienne distillerie active de l'île à Sainte-Marie, avec dégustation de rhums agricoles AOC et lecture historique de la filière dans une habitation en bois du XIXe siècle.

Tombeau des Caraïbes. Falaise basaltique au-dessus de l'océan, accessible par un sentier court depuis Le Précheur côté nord, lieu de mémoire des derniers Kalinagos. Vent permanent, vue dégagée sur la côte sauvage.

Surf à l'Anse Bonneville. Plage de sable clair encadrée de raisiniers, vagues régulières d'octobre à avril, niveau accessible aux débutants accompagnés. Ambiance locale, deux écoles de surf sur place.

Maison natale d'Aimé Césaire à Basse-Pointe. Visite sur réservation de la maison où le poète et homme politique est né en 1913, dans un bourg agricole resté à l'écart du tourisme de masse.

Îlet Sainte-Marie à pied. Traversée du tombolo de sable qui relie l'îlet à la grande terre, praticable à marée basse de février à avril selon les coefficients. Vue sur la baie et oiseaux marins.

Quand y aller

Le Nord Atlantique reçoit plus de pluie que le reste de l'île en raison de son exposition à l'alizé. La saison sèche, ou carême, de février à avril, reste la fenêtre la plus confortable : températures autour de 26 à 28°C en journée, pluies brèves, mer encore agitée mais ciel souvent dégagé. C'est aussi la période où le tombolo de l'îlet Sainte-Marie devient praticable à pied. La saison humide, de juin à novembre, voit des cumuls de pluie qui peuvent dépasser 300 mm par mois sur les pentes de la Pelée, avec un pic en septembre-octobre. Les routes restent ouvertes, mais les sentiers deviennent glissants et les vues souvent bouchées.

Pour le surf, la période intéressante va d'octobre à avril, quand les houles d'hiver de l'Atlantique nord remontent jusqu'aux côtes. En revanche, mai et juin offrent un bon compromis pour les randonneurs et amateurs d'habitations : moins de pluie, moins de monde, végétation encore dense après les pluies de fin d'année.

Conseils pratiques

Comptez deux à trois jours pour bien parcourir la région, davantage si vous combinez surf et visites d'habitations. L'arrivée se fait par l'aéroport Aimé Césaire au Lamentin, à environ 45 minutes de Sainte-Marie par la N1. La voiture de location est nécessaire : les transports en commun existent mais ne permettent pas d'enchaîner les sites isolés. La route est sinueuse mais bien revêtue.

La combinaison la plus logique se fait avec la Presqu'île de la Caravelle, voisine immédiate au sud, pour ses sentiers de randonnée et son phare, puis avec le Nord Caraïbe (Saint-Pierre, Le Carbet) en passant par la route de la Trace qui traverse l'intérieur. Côté hébergement, attendez-vous à des gîtes en habitation, des chambres d'hôtes et quelques petits hôtels familiaux, plutôt qu'à des resorts. C'est une région pour voyageurs contemplatifs, amateurs de marche, familles avec adolescents curieux, ou couples en quête d'un rythme lent. Moins adapté aux voyageurs qui cherchent avant tout la plage et le confort balnéaire, mieux servis par le sud de l'île.

Votre projet voyage

Trouvez votre meilleure période

Températures, pluie, affluence mois par mois pour planifier votre voyage en Martinique.

Quand partir ?

Prêt(e) pour l'aventure ?

Laissez nos conseillers locaux créer votre voyage sur mesure.