Sud balnéaire
La façade caraïbe et la pointe sud, des Anses-d'Arlet aux Salines : plages de sable blanc, tortues vertes, distilleries de rhum et logistique simple.
Le Sud balnéaire, c'est la façade caraïbe et la pointe sud de l'île, entre Les Anses-d'Arlet et Sainte-Anne. C'est la zone la plus visitée de la Martinique, et c'est aussi la plus simple à appréhender pour un premier séjour : routes courtes, hébergements nombreux, plages accessibles, mer calme côté Caraïbe. Depuis notre agence à Fort-de-France, il faut compter 45 minutes pour rejoindre Le Diamant, 1h pour Sainte-Anne, 1h15 pour la plage des Salines en bout de route.
Géographiquement, la région s'étire sur une cinquantaine de kilomètres de côtes, ponctuée de mornes bas (200 à 470 mètres pour le Morne Larcher au-dessus du Diamant) et de pitons volcaniques émoussés. Le climat y est plus sec qu'au nord de l'île : on tombe à 1 200 mm de pluie annuelle à Sainte-Anne, contre 4 000 mm sur les pentes de la Pelée. Cette aridité relative se lit dans la végétation : cactus cierges, poiriers-pays, mancenilliers signalés par leur bande de peinture rouge sur le tronc, savanes sèches autour de la Pointe Macré.
Chaque village a sa physionomie. Les Anses-d'Arlet alignent leurs cases créoles colorées face à l'église, dont le clocher dans l'axe du ponton fait l'image la plus reproduite de la Martinique. Petite Anse d'Arlet, à 5 minutes en voiture, est le spot où les tortues vertes broutent les herbiers à quelques mètres du bord, palmes et tuba suffisent. Le Diamant fait face à son rocher, îlot basaltique de 175 mètres pris par les Anglais en 1804 et tenu 17 mois sous pavillon britannique : c'est aujourd'hui une réserve d'oiseaux marins, on l'approche en bateau sans y débarquer. Sainte-Luce vit de la pêche et du rhum, avec la distillerie Trois-Rivières et celle de Trois Rivières à proximité. Sainte-Anne, plus touristique, concentre les hôtels club et donne accès au Cap Chevalier au vent, et aux Salines sous le vent.
La plage des Salines reste la référence : 1 km de sable blanc bordé de raisiniers et de cocotiers, fermée au sud par la Savane des Pétrifications, désert sec où affleurent des bois fossilisés. Le week-end, les familles martiniquaises y plantent les bâches dès 9h et installent le sono : c'est l'usage local, pas un dérangement à fuir, simplement un rythme à connaître. En semaine ou avant 10h, on a la plage presque pour soi. Plus à l'est, l'Anse Trabaud demande 15 minutes de marche depuis le parking, ce qui filtre la fréquentation.
Côté table, la région vit du poisson grillé en bord de plage (vivaneau, daurade coryphène, marlin fumé), des accras de morue, du boudin créole, du colombo de cabri. À Sainte-Luce, les ti-punchs se prennent au comptoir des distilleries après la visite. Le marché du Marin, le mercredi et le vendredi matin, donne une bonne idée des fruits de saison : mangues Julie en mai-juin, corossols, prunes de Cythère, christophines.
On vient ici pour la baignade et le snorkeling, pas pour la randonnée engagée ni pour les paysages spectaculaires du nord. C'est une région de base, douce et logistiquement simple, qu'on combine en général avec une incursion au nord pour équilibrer le séjour.
À découvrir
Nage avec les tortues à Petite Anse d'Arlet. Depuis le ponton du village, palmes et tuba suffisent pour croiser les tortues vertes qui broutent les herbiers à 3 ou 4 mètres de fond. Meilleure visibilité le matin avant 10h, avant que le vent ne lève le sable.
Plage des Salines et Savane des Pétrifications. 1 km de sable blanc bordé de cocotiers au bout de la D9, prolongé au sud par un plateau désertique où affleurent des bois fossilisés vieux de plusieurs millions d'années. Compter 1h15 de route depuis Fort-de-France.
Rocher du Diamant en bateau. Îlot basaltique de 175 mètres face au village du Diamant, classé réserve ornithologique. On en fait le tour en semi-rigide depuis l'Anse Cafard, sans débarquement, en croisant frégates et noddis bruns.
Distilleries de Sainte-Luce et du Marin. Trois Rivières et La Mauny visitent leurs chais en 45 minutes, dégustation comprise. C'est l'occasion de comprendre la différence entre rhum agricole AOC Martinique et rhum de mélasse, ce que la plupart des voyageurs ignorent en arrivant.
Mémorial de l'Anse Cafard. Quinze statues de béton blanc face à la mer, en mémoire des esclaves naufragés du navire négrier de 1830 dont l'épave a été retrouvée au large. Lieu sobre, peu fréquenté, à 5 minutes du Diamant.
Quand y aller
La saison sèche, le carême local, s'étale de février à avril : c'est la période la plus stable, avec 28°C en journée, mer à 27°C, alizés réguliers et pluies brèves. Janvier reste agréable mais plus venté. Mai marque la transition. De juin à novembre, c'est l'hivernage : averses tropicales fréquentes en fin d'après-midi, humidité plus marquée, et surtout pic de risque cyclonique entre août et octobre. Les pluies tombent généralement en grains courts, elles n'empêchent pas la baignade, mais la mer peut se troubler quelques jours après un fort coup de vent.
Le Sud balnéaire reste la zone la plus sèche de l'île toute l'année grâce à son relief bas qui n'accroche pas les nuages. Même en hivernage, on y trouve plus de fenêtres ensoleillées que dans le nord. Décembre à avril concentre la haute saison touristique : réserver 4 à 6 mois à l'avance pour les hébergements en bord de mer entre Noël et fin février.
Conseils pratiques
Cinq à sept nuits suffisent pour bien profiter du Sud balnéaire en prenant son temps : deux ou trois plages par jour, une sortie bateau, une distillerie, un marché. L'aéroport Aimé Césaire au Lamentin se trouve à 30 minutes de Sainte-Luce et 40 minutes du Diamant, ce qui en fait une base d'arrivée logique. La voiture de location est indispensable, les distances sont courtes mais les transports en commun limités.
Pour un séjour de 10 à 14 jours, nous conseillons de combiner cette base balnéaire avec le Nord Caraïbe (Saint-Pierre, Anses d'Arlet en passant par la côte) ou le Nord Atlantique pour la randonnée et la forêt tropicale, plus humides et plus engagés physiquement. Le Sud Atlantique et ses fonds blancs (Cap Chevalier, îlet Chevalier) se visite à la journée depuis la même base, sans changer d'hôtel. La région convient particulièrement aux familles avec enfants, aux couples qui veulent une logistique simple, et aux voyageurs qui combinent farniente et sorties à la demi-journée. Les randonneurs et amateurs de paysages volcaniques trouveront davantage matière au nord.

